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Critiques
 Le forum du Guide - Critiques de livres : Littérature : Critiques  
Icône du message Sujet: Dans la peau de nos ancêtres_Guy SOLENN Répondre Nouveau sujet
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denis76
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Depuis le: 21 janvier 2010 Status actuel: Inactif
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Citer denis76 Réponsebullet Sujet: Dans la peau de nos ancêtres_Guy SOLENN
    Envoyé : 16 février 2021 à 08:29
Savez-vous qu'au moyen âge, les gens faisaient leurs besoins n'importe où ? Dans les villes, ça puait, surtout si on ajoute les pots d'aisance dont on jetait le contenu par la fenêtre et le sang des animaux tués qui s'éparpillait dans la rue. Les autorités de Paris ont donc fait installer des barils d'aisance, mais pas avant le fin du XVIIIè siècle !
L'ouvrage de Guy Solenn, qui décrit la vie des Français du moyen âge au XVIIIè siècle, est parsemé d'exemples concrets sur l'état des gens du peuple, et c'est intéressant, car on sait beaucoup de choses sur les coutumes des nobles, comme par exemple que Louis XIV se torchait avec les rideaux de Versailles, mais presque rien de ce qui se passe chez les pauvres gens : par exemple, lors d'une mauvaise récolte dans une région, le peuple pouvait littéralement crever de faim, car la nourriture et les biens ne circulaient pas comme maintenant.
Le rythme des 30 millions de Français, 80% de paysans, 20% de citadins, était basé sur les saisons, les cloches de l'église, et l'approche des fêtes : la Fête des Fous et le Carnaval étaient de spectaculaires moments de défoulement !
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Ce qui m'intéresse particulièrement, c'est la vie des Français, donc des paysans sous l'Ancien Régime. Je m'aperçois, scandalisé, que rien n'a changé depuis le Moyen Age. Au contraire, même, puisqu'on ne se lave plus, car les étuves sont soi-disant "transmetteuses" de maladie, Georges Vigarello en parle longuement dans « Le propre et le sale ». Les Français vivent dans la crasse, les nouveau-nés aussi. Les femmes accouchent chez elle de 10 à 16 enfants, ceux-ci meurent parfois avant un an sans que personne ne s'offusque, les femmes peuvent mourir des suites de l'accouchement. Tout ce que les médecins prescrivent sont des saignées qui affaiblissent le malade. Quand le docteur ne suffit pas, on se tourne vers le curé, et s'il n'obtient aucun « résultat », on pense aux amulettes, car la superstition est grande.
Le linge est lavé deux fois l'an, on pensait que la crasse protégeait, car on n'avait pas encore « vu » de microbes, la famille dort sur un grabat, dans une masure en torchis qui appartient au seigneur du coin, avec le sol en terre, et bien entendu, les enfants ne vont pas à l'école, puisque le roi s'en fiche. Les jésuites monopolisent l'instruction pour les riches, instruction orientée. Les paysans, corvéables à merci, assommés d'impôts qu'ils payent en nature, ne pensent qu'à une main d'oeuvre gratuite quand un garçon naît, et une fille bonne à marier avec un meilleur parti qu'eux quand c'est une fille. Une grosse partie de leur récolte et les volailles vont au seigneur, la vache sert pour le lait, le mouton pour la laine, il ne reste que le porc qu'on engraisse et qu'on tue l'hiver pour mieux conserver la viande : c'est alors la fête au village. Ils sont donc végétariens par obligation, et mangent du choux et même de la poix ! le porc est un luxe occasionnel. le moulin et le four à pain appartient au seigneur : ils doivent payer en nature pour les utiliser.
Le peu de récoltes qui leur reste, ils la mangent et la vendent au marché. Ils achètent leurs outils avec l'argent récolté. Autrement, ils vivent pratiquement en autarcie, et pratiquent le troc.
Quant aux vacances, ils ne savent pas ce que c'est, les fêtes religieuses servent de répit dans ces classes laborieuses.
Les curés ne sont pas riches, partagent la vie du village et donnent les informations sur le pays à la messe du dimanche : les guerres, le nouveau-né royal... Par contre, les évêques, contrairement aux prescriptions de Jésus, s'engraissent grâce aux domaines qu'ils possèdent. C'est d'ailleurs une des causes de la révolution : les révolutionnaires, à cours d'argent, déjà scandalisés par la farine utilisée par les nobles pour avoir une peau d'albâtre, alors que les paysans crèvent de faim, confisquent les biens de l'Église afin de poursuivre les guerres ( dont la malheureuse guerre de Vendée ) nécessaires pour qu'ils puissent s'imposer.
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La guerre et ses sergents recruteurs méritent bien un chapitre dans ce livre.
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En conclusion, cet essai intéressant peut être divisé, pour les 80% de Français que représentent les paysans, en trois parties :
Moyen Age et période classique jusqu'à la révolution, 700 ans ( et même plus si l'on « part » de Jésus ) pendant lesquels on ne constate aucune évolution !
Ère industrielle ( XIXè) où les paysans deviennent progressivement des ouvriers pas mieux lotis qu'avant, un passage de transition vers l'ère moderne ;
Ère moderne, le XXè siècle, où là, leurs conditions sociales ( mais aussi le « stress » ) progressent enfin, poussées par leurs revendications.

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