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Critiques
 Le forum du Guide - Critiques de livres : Littérature : Critiques
Icône du message Sujet: La pitié dangereuse Stefan ZWEIG Répondre Nouveau sujet
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denis76
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Depuis le: 21 janvier 2010 Status actuel: Inactif
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Citer denis76 Réponsebullet Sujet: La pitié dangereuse Stefan ZWEIG
    Envoyé : 11 novembre 2020 à 22:41
Fabuleux ! Vous connaissez ce cher Stefan, le roi des émotions ? Eh bien là, ce sont des émotions puissance 5, puisque contrairement à d’habitude, ce livre est un petit pavé 😊, le seul gros roman qu’il ait terminé.

Mais d’abord, que veut dire ce titre ? En tous cas, je sais qu’en m’embarquant dans un Zweig, je vais être à dix milles des « gestes barrières » et autres « cas contact »…

Le lieutenant Anton Hofmiller est embringué dans une histoire incroyable qui l’emprisonne complètement. Le piège involontaire se referme sur lui. Réussira-t-il à s’échapper ?

Je dois présenter les personnages, aux caractères tellement bien décrits par Zweig qu’on pénètre dans l’atmosphère du lieutenant. D’abord, j’aurais pu être Anton, quand j’étais jeune sous-lieutenant à Freiburg….
Anton Hofmiller est un jeune lieutenant influençable, caserné entre l’Autiche et la Hongrie, en 1913.
Il se fait inviter au bal de l’homme le plus riche de la région, le petit et rond von Kekesfalva, qu’il prend pour un noble hongrois, afin de revoir Ilona, sa magnifique nièce. Après avoir dansé avec elle en magnifique uniforme de ulhan impérial, il cherche la fille de la maison, la maigre Edith, afin de l’inviter. Et là, c’est le drame : elle fait une crise spectaculaire, à la façon dont l’auteur sait si bien décrire les tensions nerveuses. Anton s’excuse, mais apprend plus tard qu’Edith est paralysée des jambes ! Comment pouvait-il savoir ?
Le lendemain, il lui envoie une belle corbeille de fleurs pour s’excuser, et Edith accepte de renouer le dialogue.
.
Stefan Zweig, en 1935, a voulu nous dépeindre la vieille et fière Autriche d’avant la guerre.
Il sait magnifiquement décrire, à la manière de Franz Kafka dans « Le Procès », le piège qui se referme sur un individu relativement isolé, sauf que là, il ne s’agit pas de la machine administrative, mais du piège de la passion : la jeune Edith tombe amoureuse du bel homme qui s’intéresse à elle.
Il vient régulièrement, et elle attend qu’il lui déclare sa flamme, puis elle est impatiente, elle en est malade d’attendre.
Lui n’est pas amoureux d’elle, il aime sa conversation agréable, et veut lui faire oublier ses malheurs ; c’est une forme d’empathie :

« une pitié molle, une pénible émotion, qui souhaite se débarrasser au plus vite de la souffrance d’autrui : c’est l’impatience du cœur ».
Mais quand l’autre, Edith, s’accroche à vous comme à l’air qu’elle respire, cela devient un cercle infernal : « c’est la pitié dangereuse. ».

« L’autre forme de pitié est créatrice, elle sait ce qu’elle veut, et est décidée à persévérer avec patience et tolérance jusqu’à l’extrême limite de ses forces et même au-delà » ; elle est incarnée par le docteur Condor qui suit Edith, et encourage, avec Von Kekesfalvan, son père, jusqu’au harcèlement le pauvre Anton à continuer à voir la jeune fille car cela lui fait du bien.
Le piège se referme sur Anton qui a peur du qu’en dira t’on de ses collègues uhlan, facilement blagueurs.
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La traduction d’Alzir Hella est magnifique, comme d’habitude, et le lecteur est pris par l’enfermement nauséabond, lourd, infernal d’Anton, mais je trouve qu’il y a quelques longueurs vers les trois quarts du livre, pénibles pour moi, car ça me rappelle tellement bien ( Zweig est doué ) ce que j’ai vécu au début des années 2000 ( voir ma critique de « Le harcèlement moral » ). Les colères soudaines et les caprices d’Edith sont les mêmes que ceux que j’ai subis….
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Grominou2
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 12 novembre 2020 à 13:07
Jusqu'à maintenant je préfère Zweig en non-fiction. As-tu lu Le Monde d'hier? Je l'ai lu ce printemps, c'est vraiment formidable.
Grominou

Mon blogue de lecture: http://jai-lu.blogspot.ca
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denis76
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Citer denis76 Réponsebullet Envoyé : 12 novembre 2020 à 21:39
ce n'est pas une fiction, puisque j'ai vécu un truc similaire !
"le monde d'hier", je note, merci.
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Grominou2
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 14 novembre 2020 à 14:14
Mais ça reste tout de même un roman fictionnel, non?

En tous cas, je vais le noter, le fait que ce soit plus long pourrait être un attrait pour moi car j'étais restée sur ma faim avec Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, qui est très court.
Grominou

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denis76
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Depuis le: 21 janvier 2010 Status actuel: Inactif
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Citer denis76 Réponsebullet Envoyé : 15 novembre 2020 à 01:04
400 pages.
Oui, les personnages n'ont pas existé dans la réalité, je pense.
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