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 Le forum du Guide - Critiques de livres : Littérature : Générale  
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Lélia
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Citer Lélia Réponsebullet Envoyé : 01 mars 2018 à 14:06
Message posté par Grominou2

Merci Lélia, je me souvenais que tu avais lu et aimé Station Eleven et avais cherché ta critique... Je l'ai finalement trouvée grâce à la fonction Recherche, ce qui m'a permis de voir que tu l'avais même nommé dans ton top 3 de 2016; il se pourrait bien qu'il se retrouve dans le mien cette année!



«La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités.»
Oscar WILDE
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Citer Lélia Réponsebullet Envoyé : 06 mars 2018 à 10:50
Bonjour ou bonsoir à tous.

Voici mon avis de lecture le plus récent:

23.« Glenn GOULD ou le Piano de l'esprit » de Jean-Yves CLEMENT, Actes Sud Classica, 2016,150 pages.


Résumé de l'éditeur :

Au-delà de la reconnaissance planétaire de son interprétation des Variations Goldberg, tout le monde ou presque aujourd'hui connaît Glenn Gould.

Plus de cinquante ans après avoir quitté le champ du concert et plus de trente ans après sa mort, lui qui ne goûtait guère l'hystérie médiatique est plus célèbre que tous les champions du genre, excepté Karajan ou Callas peut-être.

On lui voue un véritable culte, sous des formes innombrables, articles, films, émissions, livres, colloques ; on publie sa correspondance, on visite ses lieux de vie, une Association des amis de Glenn Gould est présente dans une quarantaine de pays, il existe un musée Gould, une fondation Gould, un prix Gould...

« Je crois que la compétition, plus que l'argent, est la source de tous les maux », affirmait-il...

Il reste que Gould fut le premier musicien à donner à l'enregistrement une véritable dimension philosophique, très loin des mirages éphémères de la carrière.

Finalement son message est passé : sans rien concéder à son idéal de communication, il est parvenu à faire communier des auditeurs lointains autour d'un même idéal de transmission et de pureté.


Mon avis :

Un excellent ouvrage qui m'a beaucoup appris sur ce musicien d'exception, une des gloires du Canada !

Je suis une grande amoureuse de la musique classique mais je ne suis pas du tout spécialisée. J'ai donc eu du mal à lire ce livre qui est extrêmement « technique », bien que ce terme ne soit pas adapté mais je n'en trouve pas d'autre.

Il faut être érudit en matière musicale pour bien comprendre cet opuscule de peu de pages mais rempli de références et d'analyses. Il est de ces ouvrages qu'il faut avoir dans sa bibliothèque pour pouvoir en lire et en relire des passages.

Je me suis pourtant accrochée car la personnalité extraordinaire de l'homme transparaît à travers toute son œuvre dans laquelle il est arrivé à faire passer tous ses sentiments les plus profonds.

Destinée hors du commun et brutalement interrompue, Glenn GOULD nous laisse une discographie éblouissante, des films, des documentaires, des émissions radiophoniques...

Je suis fascinée et je vais sûrement lire d'autres ouvrages le concernant, pour aller plus loin.

Plus jamais je ne l'écouterai de la même manière !

L'auteur, Jean-Yves CLEMENT, a également écrit : « Nietzsche au Jour le Jour » aux éditions LE PASSEUR. C'est dire toute l'approche philosophique et morale de son ouvrage consacré à GOULD.














«La moralité moderne veut que l'on accepte les normes de son époque. Qu'un homme cultivé puisse les accepter me semble la pire des immoralités.»
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Citer Lélia Réponsebullet Envoyé : 06 mars 2018 à 12:22
Le dernier pour aujourd'hui:

24« Le Piège » (« Titre original : « Die Falle ») de Mélanie RAABE (traduit de l'allemand par      
Céline MAURICE), au Livre de Poche, 2017, 407 pages.


Résumé de l'éditeur :

Linda Conrads est un auteur à succès qui vit reclus au milieu de nulle part, avec pour seuls contacts son assistante et son éditeur. Hantée par la mort de sa sœur et le visage de son assassin, qu'elle a vu juste avant qu'il ne prenne la fuite, elle n'a pas quitté sa maison depuis onze ans. 

Mais lorsqu’apparaît sur son écran de télévision un journaliste, elle n'a aucun doute, il s'agit du meurtrier. Linda décide de lui tendre un piège : dans son nouveau roman, un thriller, elle racontera le drame de sa sœur et n'acceptera de donner qu'une seule interview, celle de cet homme.

Mais est-il vraiment le coupable ? Après tant d années de solitude, si longtemps après les tragiques événements, dans un état mental jugé fragile par certains, Linda peut-elle encore se fier à ses souvenirs et à ses certitudes ?




Mon avis :

Un excellent thriller. C'est le premier roman de cette auteure allemande, née en 1981.
Son style est clair, vif, incisif, sans fioritures. Le récit se déroule, plein de cohérence, avec des allers-retours entre le roman « dans le roman » et l'histoire en elle-même.

Histoire vraiment originale, qui sort des sentiers battus. Le rôle du policier est primordial mais pas prépondérant, ce qui est remarquable. Aucune intrusion « psy » assortie de longues analyses. Linda mène seule et courageusement sa barque, en dépit de ses terreurs !

Beaucoup de suspens et cela, jusqu'au bout. Des retournements de situation surprenants nous conduisent jusqu'à la fin, parfaitement amenée, de ce roman.

Les personnages sont dépeints avec une grande élégance et vus « de l'intérieur » de troublante façon. La description de la maison dans laquelle vit l'héroïne sans en sortir, depuis onze ans, est d'une grande précision et nous fait vraiment « voir »les lieux.

L'évocation du crime est dure mais dépourvue de voyeurisme ou de sadisme. Aucune scène de pornographie non plus, comme c'est si souvent le cas.   Et dans la désormais classique séance de douche réparatrice, l'eau n'est pas brûlante comme dans de si nombreux polars ou thrillers !

Une grande réussite pour cette jeune écrivaine. J'espère qu'elle continuera dans cette voie !



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Citer Errant2 Réponsebullet Envoyé : 10 mars 2018 à 04:46
Je viens de finir Buena Vida de Florence K

Cette musicienne québecoise conte sans retenue ni complaisance l'envahissement progressif d'un mal-être qui la conduira vers une dépression majeure, son internement et le difficile chemin de sa guérison. Ce récit m'a hypnotisé tellement l'auteure a les mots justes pour nous faire comprendre comment insidieusement la maladie mentale se glisse dans une vie et fini par en prendre le contrôle total. On vit avec elle chaque étape de sa descente aux enfers, ses tentatives malheureuses de surnager, son déni devant les conseils de ses proches. L'internement, brutal et involontaire, est d'abord ressenti comme un viol avant que, peu à peu, elle réalise qu'à ce moment précis de sa vie et dans l'état où elle se trouvait à ce moment, sa place était vraiment à l’hôpital. À partir de là, très graduellement, on assiste au lent processus de guérison, à coup d'acceptation, de lâcher prise et de petites victoires quotidiennes.

Une des grandes qualités de ce texte est d'abord son authenticité; jamais on a l'impression qu'elle en rajoute ni qu'elle en tait. Aucun étalage non plus, pas de rôle de victime ici, juste un regard sincère et lucide sur un épisode terriblement douloureux d'une vie par ailleurs bien remplie. Et surtout elle ne présente pas ce qui a fonctionné pour elle comme une panacée, une recette, pour sortir d'une dépression. Elle connaît trop bien les pièges de cette maladie pour prétendre proposer une cure miracle. Elle a son avis sur la question, évidemment, et sauf une montée de lait bien sentie, et justifiée, envers divers charlatans, elle se garde bien des généralisations hâtives. À la fin elle explique aussi ses doutes et ses motivations quant à l'écriture de ce livre, ce qui n'a fait que renforcer mon appréciation du tout. Pour qui s'intéresse le moindrement au sujet cette lecture me semble hautement recommandable.



Tant qu'on a pas aimé un animal, une partie de l'âme... reste endormie - Anatole France
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Citer Lélia Réponsebullet Envoyé : 10 mars 2018 à 06:33
Bonjour aux amis du Guide.

Voici mon plus récent avis de lecture:

25. «  Premier Amour » ; roman, suivi de : « Le Chant de l'Amour triomphant », « Un Rêve », « Toc...toc...toc », « Fantômes », « Assez » ; nouvelles et « Poèmes en prose » d'Ivan TOURGUENIEV, Traduction de R. HOFMANN, Préface d'André MAUROIS, au Livre de Poche, 1964, 285 pages.

Résumé de Wikipédia :

Au début de l'été 1833, Vladimir Petrovitch, âgé alors de seize ans, prépare sans zèle excessif ses examens d'entrée à l'université dans la propriété de ses parents, non loin de Moscou. Il tombe éperdument amoureux de Zénaïde, jeune femme de vingt-et-un ans d'une singulière beauté, qu'il observe de derrière la palissade séparant son jardin du parc. C'est en fait sa voisine fraîchement installée dans la maison attenante et qui vit là avec sa mère, la princesse Zassékine, personne désargentée réduite à une existence misérable.



Mon avis :

J'ai lu avec un vif plaisir et le roman et les nouvelles de ce recueil, plaisir avivé du fait qu'il s'agit d'une édition âgée de plus de 50 ans !

Le style est tout bonnement magnifique ! Quoique dans l'esprit du 19ème siècle, écriture moderne cependant, ou plutôt intemporelle, ce qui est la marque du génie littéraire !

Je ne connaissais l'auteur que de nom et je ne regrette pas de le découvrir enfin !

Les sentiments amoureux sont décrits de main de maître et on les ressent littéralement en les lisant.

Les personnages vivent sous nos yeux, magistralement restitués, car le récit est grandement auto-biographique. Les décors sont dépeints avec une précision qui nous les fait « voir ».

Aussi passionnant qu'un « polar », j'ai tourné les pages en regrettant d'arriver à la fin, tant j'étais charmée par cette belle et triste histoire.

Les nouvelles qui complètent le volume sont de même qualité : les quatre premières sont à connotation fantastique, très différentes les unes des autres mais palpitantes et la dernière est un constat plein de grandeur et d'amertume sur l'auteur et son art. Les poèmes sont des esquisses.

En guise de postface, une très intéressante étude consacrée à la vie et l'oeuvre de Tourgueniev par Geneviève BULLI.
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 10 mars 2018 à 10:09
J'ai lu ce recueil il y a une dizaine d'année. J'avais plus ou moins aimé la nouvelle principale; en fait, c'était très beau sauf que la fille me tombait tellement sur les nerfs avec ses caprices que j’espérais seulement que le personnage principal se détourne d'elle! J'avais aimé la plupart des autres nouvelles, avec leur touche fantastique.

C'est rare que je lis des nouvelles, c'était pour un club de lecture.
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Citer Lélia Réponsebullet Envoyé : 11 mars 2018 à 11:52
Message posté par Grominou2

J'ai lu ce recueil il y a une dizaine d'année. J'avais plus ou moins aimé la nouvelle principale; en fait, c'était très beau sauf que la fille me tombait tellement sur les nerfs avec ses caprices que j’espérais seulement que le personnage principal se détourne d'elle! J'avais aimé la plupart des autres nouvelles, avec leur touche fantastique.

C'est rare que je lis des nouvelles, c'était pour un club de lecture.


BONSOIR GROMINOU. MERCI DE TON APPRECIATION. MOI C'EST LE STYLE QUE J'AIME ET LE ROMANTISME ECHEVELE COMME ON DIT. A MON AVIS CETTE COQUETTERIE ETAIT UNE FORME DE REMPART POUR CACHER SON AMOUR "COUPABLE"
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 11 mars 2018 à 13:20
Ah oui? J'avoue qu'il y a trop longtemps que je l'ai lu pour bien m'en souvenir!Surtout avec ma mémoire de poisson rouge!
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Citer Lélia Réponsebullet Envoyé : 12 mars 2018 à 15:39
Message posté par Grominou2

Ah oui? J'avoue qu'il y a trop longtemps que je l'ai lu pour bien m'en souvenir!Surtout avec ma mémoire de poisson rouge!


BONSOIR GROMINOU. ON SE SOUVIENT TOUJOURS DE CERTAINES LECTURES, CELLES QUI NOUS ONT REELLEMENT MARQUES. HEUREUSEMENT QUE L'ON PEUT OUBLIER! MAIS DIS-MOI QUE SAIS-TU DE LA MEMOIRE DES POISSONS ROUGES? LOL!
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 12 mars 2018 à 23:08
C'est vrai après tout, on n'en sait rien!
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Citer denis76 Réponsebullet Envoyé : 13 mars 2018 à 00:31
Nous avons 13 poissons rouges (ou koï ?), et un soucis de bassin.
Ils sont trop mignons. Mais je ne sais rien de leur mémoire non plus. Toujours est-il qu'ils ne mangent rien l'hiver, ou seulement les insectes qui se noient.
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 13 mars 2018 à 16:21
Ils restent dehors même l'hiver, Denis?
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Citer denis76 Réponsebullet Envoyé : 14 mars 2018 à 02:39
Oui, avec une "boule qui fait des bulles" et qui empêche que toute la surface soit gelée.
Ce sont des costauds !

Ce ne sont pas des poissons d'intérieur. Ils sont comme vos truites (?) et saumons (?) qui bravent le froid tout l'hiver dans le St Laurent
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Citer Errant2 Réponsebullet Envoyé : 17 mars 2018 à 11:14
J'ai lu Les yeux bleus de Mistassini de Jacques Poulin.

Ce livre m'a fait plusieurs fois songer à « Volkswagen blues » du même auteur, auquel il fait d'ailleurs illusion dans le présent bouquin, tellement certains thèmes y reviennent; écrivain en devenir, relations homme-femme plutôt floues, voyage initiatique plus ou moins raté. Pourtant j'ai bien aimé celui-ci alors que l'autre m'avait plutôt irrité. Car dans ce roman on parle énormément de livres, que ce soit en y faisant apparaître œuvres et écrivains amplement connus (Carver, Salinger, Stevenson etc.), ou que ce soit par des réflexions bien arrêtées sur l'art d'écrire. La relation équivoque entre Jimmy et sa sœur flirte avec le phantasme d'inceste sans jamais tomber dans le scabreux; cette marche sur le fil du rasoir est en soi fascinante et tant qu'à moi Poulin s'en sort très bien. Pour qui a un proche atteint de la maladie d'Alzheimer, les inquiétudes de Jack éveilleront aussi à coup sûr des scènes malheureusement trop familières. La librairie du Vieux-Québec ressemble à un nid douillet qu'on voudrait rejoindre et pouvoir reproduire à volonté. Et finalement la complicité qui se dessine entre ces deux jeunes et le vieil écrivain est touchante, N'eut été de l'épisode à Paris, passage qui m'a semblé plus faible et inutilement long, ce livre aurait pu être un petit coup de cœur sympathique. Cela reste quand même un livre que j'ai bien aimé.


Tant qu'on a pas aimé un animal, une partie de l'âme... reste endormie - Anatole France
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Citer Errant2 Réponsebullet Envoyé : 18 mars 2018 à 11:21
J'ai fini Le ventre de Paris d'Émile Zola

Troisième opus de la série des Rougon-Macquart, c'est nettement celui que j'ai le plus aimé pour l'instant. Sous la plume de Zola les Halles de Paris s'animent, sentent bon, ravissent l’œil et deviennent au fil des pages un microcosme passionnant. Inconvénient majeur cependant : ce livre donne faim! Je salive encore à l'évocation de la scène de préparation du boudin, des étalages des poissonnières ou des celles des fruits. Ici les descriptions que je trouvais lassantes dans « La curée » prennent peut-être autant d'espace mais servent davantage le propos.

Les personnages mis en scène sont globalement plus sympathiques que ceux des deux premiers tomes : Zola semble plus conciliant, moins incisif avec le peuple qu'avec les bourgeois ou les aristocrates. Ses portraits n'en sont pas moins réussis, on a une grande facilité à visualiser les protagonistes. Fil conducteur du récit, Florent apparaît comme un idéaliste, naïf, incapable de décoder autrui, que ce soit dans sa relation aux femmes comme dans ses rapports politiques ou familiaux. En contrepoint, la belle Lisa, femme forte s'il en est une, mène sa barque avec lucidité et droiture, sans pour autant échapper aux querelles stériles ni aux manipulations parfois nécessaires pour arriver à ses fins.

Que ce soit au niveau des relations de couple, des interactions sociales ou de l'organisation politique au sens large, Zola pose ici plusieurs questions de fond sans toutefois y apporter de réponses doctrinales. Plusieurs personnages s'interrogent sur le bien-fondé de leurs gestes, doutent de la conduite à tenir mais finissent par agir. Sauf peut-être la Saget, et encore... Un roman que j'ai savouré.


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Citer denis76 Réponsebullet Envoyé : 18 mars 2018 à 12:55
Bravo ! Je n'ai pas lu celui-là, mais ça me donne envie de lire toute la série, doucement et dans l'ordre.
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Citer Errant2 Réponsebullet Envoyé : 20 mars 2018 à 03:47
J'ai lu Il ne faut pas parler dans l'ascenseur de Martin Michaud

Premier roman de cet auteur, ce polar est un succès sur toute la ligne. Dès le début, trois récits parallèles s'entrecroisent et on se demande bien quel sera le point de jonction... Bien qu'elle fasse appel à notre intelligence, l'intrigue se suit bien, l'alternance entre les angles de narration est bien dosée, de même que la montée dramatique. L'enquête comme telle est crédible, les personnages bien campés, aspect d'autant plus important qu'il s'agit du début d'une série. À cet égard on apprend à connaître rapidement l'inspecteur Victor Lessard, et son entourage, qui, bien que n'échappant pas à certains stéréotypes du flic tourmenté-divorcé-contestant la hiérarchie, reste sympathique, très humain et n'est pas présenté comme un super héros qui règle tout comme par magie. Le dénouement, un peu prévisible, réserve quand même des surprises. J'ai été happé par le rythme, et l'insertion inattendue et stupéfiante d'un aspect de l'histoire m'a charmé autant que surpris. Bref une lecture convaincante et les prochains opus figureront certainement dans ma liste à lire!


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Citer Errant2 Réponsebullet Envoyé : 22 mars 2018 à 07:05
J'ai fini Mankell (par) Mankell: un portrait de Kirsten Jacobsen.

L'auteure, journaliste et écrivaine danoise, a suivi et s'est entretenu avec Henning Mankell pendant un an, principalement en 2011. Ce livre consiste principalement en plusieurs entretiens de fond entre les deux, entrecoupés de brefs témoignages de proches, le tout agrémenté de quelques photos. Ce n'est pas vraiment une biographie classique, mais plutôt une exploration de l’œuvre de l'auteur, de ses convictions et de sa vision du monde; on navigue ici entre biographie,entretiens et essai.

Si on en apprend un peu plus sur l'homme, qui reste très réservé sur sa vie privé, il devient par contre intarissable sur sa conception de l'écriture, l'analyse de ses différents ouvrages et de son implication sociale, principalement en Afrique. Il en ressort un portrait d'un homme vraiment engagé qui continue de travailler fort, c'est un des ses credo, malgré fortune et renommée. Ses valeurs humanistes sont très affirmées et il vit en parfaite congruence avec celles-ci. L'ampleur et la justesse de sa vision de la démocratie, sa perception des enjeux internationaux et la sincérité avec laquelle il livre ses convictions sont remarquables. Et les réflexions qu'il a sur ses livres apportent tout un éclairage sur les thèmes abordés et les agissements de ses personnages.

L'ironie fait que, quatre ans avant sa mort, il proclame la joie qu'il a d'avoir accompli beaucoup, d'être avec Eva sa troisième femme, et d'avoir les idées et la santé pour réaliser certains projets qu'il a déjà en tête. Malheureusement le cancer l'a rejoint beaucoup trop tôt pour qu'il puisse en réaliser beaucoup. La lecture de ce livre nous permet de mesurer l'ampleur de la perte, plus encore que dans « Sable mouvant » livre pourtant écrit alors qu'il se savait atteint de façon irrémédiable. Un livre qui a comblé l'admirateur de Mankell en moi.




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Citer denis76 Réponsebullet Envoyé : 22 mars 2018 à 13:06
Très belle et émouvante critique, Errant
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Citer Grominou2 Réponsebullet Envoyé : 23 mars 2018 à 14:00
Terminé Le Plongeur de Stéphane Larue, c'est vraiment très bon! Ça se déroule principalement dans un restaurant, c'est vraiment fascinant de voir comment ça se passe en cuisine!

Errant, j'avais bien aimé le Martin Michaud, malgré quelques petits défauts d'écriture, et encore plus le suivant où j'ai trouvé l'écriture plus travaillée. J'ai apprécié le petit côté fantastique, c'est original.
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